En bref

Synthèse 

Pour conclure, l'analyse sous l'angle théorique et pratique du projet dans un contexte nordique nous a permis de mieux appréhender les conséquences sur le milieu bâti et social. Situé au coeur d'un quartier où persistent plusieurs enjeux majeurs qui se traduisent notamment par une forte immigration, un taux de chômage important, ou encore une population jeune prochainement sur le marché du travail, le projet  du Lärjeåns Kafé & Trädgardar apparait comme une opportunité de développement d'économie locale.

 

Par sa situation géographique vis-à-vis de la ville de Göteborg, le projet reste peu connecté à son centre, il répond plus à un fonctionnement à l'échelle du quartier et pour ses habitants. Autrement dit, l'un des enjeux du projet se caractérise par la faculté à se rattacher à son quartier. Lieu privé à caractère public, il est en effet proche des infrastructures sportives, d'une entreprise à fort rayonnement et du principal pôle commercial et de transport du quartier. L'accès cyclable est bon, mais malgré tout, le site est peu connecté aux espaces résidentiels dans un rayon de marche. ​

Malgré sa faible contribution à la perméabilité d'Angered le site offre des services variés pour les habitants du quartier. De nombreuses activités sont proposées au sein du site: restauration, ateliers, formations, location de salles de conférences, et pratiques de l'agriculture. Néanmoins, le jardin ne se situe pas dans un centre urbain de forte densité, où il serait relié à un monument ou un bâtiment servant de repère, ou encore sur un axe très passant.

 

Pour autant, le coeur du milieu est multifonctionnel et fait preuve d'une bonne robustesse, a contrario de chacun des grands îlots / voisinages du quartier d'Angered. Au vu de cette faible cohésion dans le quartier, le projet apparait comme un moyen de répondre à un autre enjeu : l'inclusion sociale.

 

L'idée de créer une économie locale et durable est coeur du projet. Cette nouvelle forme d'entreprenariat permet de lutter contre la ségrégation en permettant aux citoyens et nouveaux arrivants de se rencontrer, d'échanger et d'apprendre grâce à une forme de pédagogie informelle. A travers la culture des produits alimentaires, les bénévoles apprennent la culture suédoise et la langue. De plus, les permanents permettent le maintien et la durabilité du projet tout au long de l'année. En effet, le site reste ouvert au cours des quatre saisons. La saisonnalité a une influence inévitable sur le projet, qui a trouvé des moyens pour s'adapter. Les produits cultivés sont essentiellement des légumes de saisons et des fines herbes. Les fleurs sont entretenues pour améliorer l'esthétisme du lieu. En outre, les serres permettent de continuer l'agriculture même en hiver. Le lien avec le territoire s'effectue grâce au restaurant qui récupère la quasi-totalité des légumes.

 

Ainsi, l'agriculture urbaine nous apparait comme une voie structurante afin d'unifier un quartier dense et divisé autour d'un projet social et bénéfique pour la sécurité alimentaire. Les enjeux de perméabilité, de lisibilité sont prépondérant dans un milieu périurbain très extensif. La capacité d'un tel projet à contribuer à la protection des terres agricole est aussi central. Cependant, pour toutes ces questions, le projet nécéssite de sortir d'une logique de site, la mise en réseau, socialement et physiquement de ces initiatives est nécéssaire. ​​

Recommandations

 

À travers les différents angles abordés pour comprendre les retombées du projet de jardin collectif dans le quartier d’Angered, certains points nous sont apparus essentiels pour améliorer la présence de ce dernier dans son contexte. En fonction des grands objectifs établis par le projet, notamment celui de la cohésion sociale, il semble impératif de diminuer la ségrégation spatiale au sein du quartier.​

La position excentrée du projet en fait un lieu où la connectivité avec le milieu doit être améliorée, mais aussi avec le reste de la ville. On pourrait donc favoriser l’implantation de circuits comestibles qui permettent de relier les différents secteurs d’activités avec le jardin, et permettrait une mise en réseau de l'ensemble des initiatives d’agriculture urbaine existant dans la ville de Goteborg.

 

Une autre mesure qui permettrait de renforcer l’inclusion sociale serait la  diversification des essences produites dans le jardin. On pense entre autre à des produits qui proviennent des pays de provenance des différents groupes culturels qui se retrouvent au jardin Tradgardar et Larjeans Café. De cette façon, un réel échange interculturel sera favorisé. Dans le même ordre d’idées, certains rappels architecturaux pourraient souligner la diversité culturelle et l’inclusion. Par exemple, en mettant en valeur certains éléments propres aux communautés agricoles somaliennes.

 

À l’échelle du site, sa position centrale dans le quartier d’Angered et la proximité avec la nature en fait un lieu privilégié pour sa centralité. Afin de préserver le couvert végétal et les quelques espaces agricoles qui persistent dans le paysage périurbain du quartier, nous proposons de prioriser la densification dans les tiers-paysages. Cela serait possible en concentrant le développement futur dans les zones aux pourtours des zones déjà développées, de façon à conserver le paysage naturel à l’horizon. Cette intervention permettrait de protéger les percées visuelles du territoire. Si un développement futur est nécéssaire, une consolidation en logement social autour du pôle de transport, et donc proche de la ferme, serait bénéfique. 

 

Dans une autre mesure, nous souhaitons mentionner l’importance de mettre en place des sentiers piétonniers qui permettraient d’améliorer la perméabilité entre le site du jardin collectif et les quartiers résidentiels avoisinants. Également, ces liens devraient être travaillés pour les futurs développements, qui alimenteraient une certaine conscience quant à l’importance des activités agricoles, spécialement dans un contexte périurbain.